À la découverte de la faune africaine

Nature & paysages
Modifié le mercredi 27 août 2025
Par Plein Cap
À la découverte de la faune africaine

S’il est un mot qui caractérise pleinement la faune de l’Afrique Australe, c’est sans aucun doute “diversité”. Sur ces terres cohabitent de nombreuses espèces, dont les plus emblématiques, le Big Five, comme on le dit ici, qui attirent quantité de visiteurs épris de liberté et d’authenticité. Venez et partons en voyage !

Mais qu’est donc ce fameux Big Five ?

On pourrait penser que cette appellation (les 5 grands) rend hommage aux 5 plus grands animaux d’Afrique en termes de taille ou de popularité comme la girafe ou l’hippopotame. Aujourd’hui, si elle est passée dans le vocabulaire usuel des safaris, sa connotation d’origine a disparu et s’est même transformée en quelque chose de positif. En effet, c’est de la sorte qu’à la fin du 19e et début du 20e siècle, les chasseurs coloniaux de gros gibiers désignaient les 5 bêtes jugées les plus compliquées à approcher à pied, à savoir le lion, le léopard, l’éléphant d’Afrique, le buffle du Cap et le rhinocéros.

Ces espèces reconnues pour leur férocité et leur comportement imprévisible rendaient la chasse particulièrement risquée et excitante pour ses adeptes. Ils voyaient leur adrénaline monter en flèche face au lion, terrible prédateur susceptible d’attaquer. Idem pour le léopard, tout aussi dangereux, à la fois solitaire et extrêmement furtif. L’éléphant, bien que de taille imposante, leur donnait du fil à retordre, car il pouvait se cacher dans la brousse et charger l’ennemi, surtout s’il sentait ses petits en danger. Le buffle du Cap, quant à lui, était considéré comme le plus effrayant des 5, particulièrement agressif et n’étant jamais seul au sein de son grand troupeau. Enfin, le rhinocéros était redouté pour sa capacité de charger à l’aveugle malgré sa mauvaise vue compensée par son excellent odorat et son ouïe fine.

Pour ces chasseurs de trophée, abattre l’un de ces Big Five était salué comme un véritable exploit, signe de leur bravoure. Heureusement aujourd’hui, ce terme a perdu sa connotation cynégétique. Les appareils photo ont majoritairement remplacé les armes et pouvoir observer ces seigneurs de la savane évoluant dans leur milieu naturel lors d’un safari est une victoire forte de symbolique.

Troupeau d'éléphants d'Afrique rassemblé autour d'un point d'eau en savane
De la chasse à la conservation

Cependant, le chemin vers la création de parcs nationaux et de réserves n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille et leur but n’a pas toujours été celui que l’on connaît maintenant, à savoir la préservation.

La prise de conscience a été laborieuse et de nombreux comportements malveillants ont eu de tristes conséquences sur la faune autrefois abondante : la chasse “sportive” ou intensive pour le commerce de l’ivoire, des peaux, de la viande, l’expansion agricole et pastorale qui a empiété sur les habitats naturels des animaux, les épidémies dramatiques comme la peste bovine à la fin du 19e… Tout cela a précipité la disparition alarmante de la faune et le bouleversement des écosystèmes.

Peu à peu, des voix ont commencé à s’élever, mais pas exactement pour les actions que nous connaissons aujourd’hui. Les premières initiatives consistaient à préserver le gibier pour une chasse future. Citons la création en 1898 par Paul Kruger de la Sabie Game Reserve en Afrique du Sud. En 1926, elle fusionne avec la Shingwedzi Game Reserve de 1903 pour former le Parc national Kruger. James Stevenson-Hamilton en fut le premier gardien et la tâche qui l’attendait était colossale. Pourtant, son œuvre fut déterminante en matière de développement et de sécurité, tant des animaux sauvages que des hommes vivant jusqu’alors dans la même zone. Mesures strictes de protection, lutte contre le braconnage… Il ouvrit le parc au public, posant ainsi les bases du safari touristique.

Parmi les premières réserves, citons également la Hluhluwe-imfolozi Game Reserve fondée en 1895 visant à préserver spécifiquement les rhinocéros blancs alors au bord de l’extinction.

Malgré les réfractaires, peu à peu les mentalités ont évolué dans le bon sens : conservation de l’écosystème et de la biodiversité, nécessité de protection des habitats, développement du tourisme, législation en vue d’officialiser le statut des parcs et réserves… Les défis et le braconnage existent toujours, mais la sauvegarde d’un patrimoine naturel inestimable est primordiale et prise au sérieux.

La meilleure façon de vivre son safari

Si vous planifiez un circuit de rêve à travers l’Afrique Australe, n’hésitez pas à emprunter le fameux train de luxe Rovos qui transformera votre périple en voyage d’exception. Pour admirer les big five, mais aussi jouir de spectacles animaliers fascinants comme :

- de gracieuses girafes broutant des acacias ;
- un troupeau de zèbres aux hypnotiques rayures parcourant la savane herbeuse ;
- un combat entre koudous mâles, reconnaissables à leurs cornes en spirale ;
- des hyènes rôdant autour de leur proie, terrifiantes et pourtant essentielles à l’écosystème…

Nous vous conseillons de partir à la saison sèche qui s’étend de mai à octobre. Vous aurez plus de chance de les apercevoir, car ils se regroupent généralement près des points d’eau et la végétation moins dense facilite l’observation.

En vous rendant au Parc national Kruger en Afrique du Sud ou dans celui de Hwange au Zimbabwe, vous pourrez vivre une expérience viscérale en voyant évoluer le lion au milieu de ses pairs.

Si vous rêvez de capter l’apparition furtive d’un léopard, privilégiez les réserves privées comme la Sabi Sand Game Reserve ou le parc national de Mana Pools. Vous pourrez également observer les lycaons, chiens sauvages d’Afrique et tenter de les approcher à pied sous la conduite de guides aguerris. Une expérience d’une intensité rare dans un cadre exceptionnel. Enfin, en plus de cette liste non exhaustive de réserves, si vous souhaitez admirer et en apprendre plus sur les éléphants, citons le parc national Addo Elephant en Afrique du Sud.

Troupeau d'éléphants d'Afrique marchant dans la savane dorée, sous un acacia
Une avifaune riche et colorée

Paradis pour les ornithologues ou les simples amateurs, la diversité s’applique également aux spécimens à plumes. L’autruche, le plus grand oiseau du monde incapable de voler, pique des pointes de vitesse jusqu’à 70 km/h au cœur des paysages arides notamment en Namibie, au Botswana ou au Zimbabwe.
Dans les cieux, de majestueux rapaces offrent un spectacle sans commune mesure, si vous avez la chance d’en être témoin. L’aigle martial, plus grand aigle d’Afrique avec une envergure allant de 1m90 à 2m60 (les spécimens femelles étant plus grands) est reconnaissable à son ventre et sa poitrine blancs tachetés de noir. Il s’attaque généralement aux mammifères (lapins, mangoustes, jeunes singes…) et a en quelques rares occasions déjà été observé en train de chasser des lionceaux âgés de quelques semaines.

Également appelé aigle pêcheur d’Afrique, le pygargue vocifère vit en couple auprès des cours d’eau, des lacs et des marécages. Depuis son perchoir sur lequel il peut rester jusqu’à 85 à 95% de sa journée, il surveille la surface en quête de sa proie. Une fois repérée, il s’élancera vers elle en poussant un cri perçant, semblable à celui des goélands. Blanc de la tête et de la queue, il peut être très agressif, notamment envers les oiseaux trop proches de son territoire, qu’il n’hésitera pas à attaquer.

Hormis ces rapaces, d’autres volatiles retiendront votre attention. Une famille de calaos, un rollier identifiable par ses teintes vives de bleu, violet ou brun, ou encore un souimanga, passereau qui ressemble au colibri et dont les couleurs sont aussi chatoyantes que leur chant mélodieux.

Sur les plages sud-africaines, notamment à Boulder Beach, venez voir se dandiner le manchot du Cap, la seule espèce présente en Afrique. Flamands roses, pélicans… les populations à admirer qu’elles soient endémiques ou migratoires ne manquent pas et nous vous recommandons de voyager durant l’été austral (de novembre à mars) pour vous délecter de ce birdwatching.

Rapace en plein vol, ailes déployées, au-dessus d'un point d'eau en Afrique

Dans les profondeurs

Enfin, après la terre et les airs, nous ne pouvons pas parler de la biodiversité sans évoquer reptiles, amphibiens et vie marine. Des espèces à sang-froid vous donneront des frissons dans le dos si toutefois vous les croisez. Le mamba noir par exemple, l’un des serpents les plus venimeux de la planète, doit son nom non pas à la couleur de sa peau, mais à celle de l’intérieur de sa bouche. Timide, il cherche en général à fuir, mais s’il est acculé, il frappe à plusieurs reprises, injectant à chaque fois une forte dose de venin mortel. Parmi les spécimens tout aussi dangereux, figure le cobra du Cap reconnaissable à sa robe jaune, brun doré. Dans le Kruger et l’estuaire de St Lucia, les crocodiles du Nil cohabitent avec les hippopotames. Lézards, geckos, et autres amphibiens font également partie du paysage.

Dans les eaux de la côte de l’Afrique du Sud évoluent des espèces impressionnantes mondialement réputées. Autour de Gansbaai, des excursions sont organisées pour approcher le terrible requin blanc. Les plus téméraires ou en quête de sensations fortes opteront pour les observer, immergés dans une cage. Pour ceux voulant assister à un spectacle moins dangereux et pourtant inoubliable, ils préféreront la période de juin à septembre dans la ville d’Hermanus pour la présence de baleines franches australes ou à bosse venues se reproduire dans ces eaux surveillées.

La faune d’Afrique Australe est l’une des plus variées et des plus emblématiques de la planète. Et qui dit richesse, dit menaces. Heureusement, de nombreux efforts de conservation sont réalisés pour veiller sur les parcs nationaux, réserves et aires protégées. Face à ce patrimoine inestimable, il est de notre devoir de respecter cette biodiversité tellement fragile et de soutenir les actions en cours par un tourisme responsable afin que les générations futures puissent elles aussi s’émerveiller devant tant de vie et de beauté.