Flash Culturel de vos Conférenciers :
Le Commandant Jean Marie Homet, Cédric Cabanne et Christian Furia






Le Tour de Corse en bateau : Un Tour du Monde en Miniature !
En effet les rivages de l’île, bordés de plages avenantes ou de côtes hérissées de tours, déchiquetées et sauvages comme celles de la Scandola ou de Bonifacio ont donné à la Corse son surnom : l’île de beauté.
En parcourant les 1000 kilomètres de ses côtes, vous aurez une véritable anthologie de tous les rivages et c’est à cette aventure au ras des flots que nous vous convions en embarquant à bord du Ms Berlin.

 





 

Les Citadelles de la Mer

 

Les rivages de la Corse, cette île si merveilleuse, n’ont pas cessé d’être menacés de l’Antiquité jusqu’à l’arrivée de la France à la fin du XVIIIè siècle. Les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs, les Romains, les Vandales, les Barbaresques, les Pisans, les Génois, les Aragonais, et même les Anglais, ont tous voulu la conquérir. Alors on comprend que le premier souci des Génois, après leur grande victoire de La Meloria en 1284, ait été de protéger et de défendre le littoral de l’île en édifiant tout un réseau de tours fortifiées sur l’ensemble des côtes et en construisant dans les sites les plus remarquables de magnifiques citadelles avec de puissants remparts face à la mer. Parmi ces cités, devenues d’actifs petits ports, deux sont véritablement des chefs-d’œuvre d’art et d’architecture militaire. Ce sont aux 2 extrémités de l’île Calvi et Bonifacio. Elles sont toutes les 2 édifiées dans des sites extraordinaires. Calvi à l’entrée de son golfe, cerné de montagnes ensoleillées, domine une rade rayonnante. Ses remparts chatoyants entourent la cité dominée par la coupole de son église et les hautes maisons étagées vers le ciel. On comprend que ses habitants y voient la ville natale de Christophe Colomb. Plus historiquement Nelson tenta en vain de faire le siège de ce Calvi dont la devise était «Semper Fidelis». Il échoua et y perdit un œil.
Tout au Sud, sur le magnifique Détroit qui porte son nom, Bonifacio, surnommé le «Petit Gibraltar», est à la fois un lieu extraordinaire pour observer un environnement marin d’une exceptionnelle beauté et un écrin de fortifications millénaires.
Le paysage de fjord avec des falaises d’un blanc immaculé sert de cadre à un ensemble fortifié qui défie les siècles malgré une construction avec des à-pics vertigineux. A l’horizon dans le sillage de blancs vaisseaux, les îles de Lavezzi et de Cavallo sont riches d’épopées et de souvenirs ancrés dans nos mémoires.

le Commandant Jean Marie Homet

 

Les îles de l’ïle

 

Grande île, située en bordure de l’Archipel Toscan, baignée par la mer Ligure, la Tyrrhénienne et le bassin occidental de la Méditerranée, la Corse est elle-même entourée de petites îles. Comme une bergère elle veille avec attention sur la douzaine de ces petites terres fragiles et magnifiques, toutes bien visibles quand on fait le tour de la Corse par la mer. Chacune d’elles a ses caractéristiques, ses particularités géologiques et géographiques, ses histoires, ses légendes. Parmi les plus célèbres, on peut citer: les Sanguinaires, les Lavezzi, Cavallo, les Cerbicales, Finocchiarola, la Giraglia, et même Ile-Rousse, bien qu’aujourd’hui, elle ne soit plus une île depuis que Pascal Paoli a voulu la rattacher par une digue à la grande terre de Corse.
Les Sanguinaires sont appelées ainsi à cause de leur porphyre rouge ou des lumières du soleil couchant ou en raison de leur petite plante les «frankenies» dont les feuilles virent au rouge vif en automne. Au-delà de ce nom un peu énigmatique, les îles Sanguinaires, classées «grand site de France» sont célèbres pour leur phare qui a inspiré l’un des plus beaux contes de Daudet. On les connaît aussi pour leur tour génoise et leur lazaret le premier de Corse.
Les Lavezzi sont connues dans le monde entier pour le terrible naufrage de «La Sémillante» dans la nuit du 14 février 1855. Ce drame est à l’origine de l’organisation mondiale des services météorologiques. Aujourd’hui son cimetière marin où sont enterrés les 800 morts de cette catastrophe est un lieu du souvenir à la fois magnifique et plein d’émotion. A l’opposé Cavallo semble un petit paradis pour milliardaires avec de superbes villas cachées derrière de grands jardins exotiques.
Les petits archipels des Cerbicales et de Finocchiarola, propriétés du Conservatoire de littoral, sont des escales privilégiées pour les oiseaux migrateurs ou des lieux de séjour pour les grands oiseaux de mer qui trouvent là un site idéal pour nidifier. La faune et la flore y sont exceptionnelles. Décidément la Corse est véritablement l’Ile de Beauté.

le Commandant Jean Marie Homet

 

Les merveilles du Cardinal Fesch à Ajaccio

 

A l’heure où l’on dépense sans trop compter pour construire des musées nationaux en région, la région Corse a la chance d’avoir un trésor inestimable. Il s’agit du Palais Fesch. Ajaccio possède grâce au Cardinal Joseph Fesch un musée tout à fait exceptionnel.
Comme le fut, le parcours de cet étonnant prélat.

Le cardinal Fesch
Il était l’oncle maternel de Napoléon Bonaparte, demi-frère cadet de Letizia Bonaparte. Ajaccio est sa ville natale (1769), et après des études en théologie, il est nommé en 1787 archiprêtre de sa cathédrale. Si la Révolution l’oblige à quitter l’île et le prive de ressources, en suivant son neveu dans la Campagne d’Italie, il retrouve une certaine aisance financière et son goût pour l’art ne sera jamais démenti. Grâce aux expositions, aux ventes publiques dont les biens du clergé et de certaines grandes familles italiennes, ils acquièrent des centaines d’œuvres d’art. Archevêque de Lyon et Primat des Gaules, il est élevé au rang de cardinal en 1803 et est désigné comme ambassadeur de France auprès du Saint-Siège. Napoléon lui doit la cérémonie du sacre par le pape Pie VII.
Mais le Cardinal Fesch veut installer à Ajaccio dans le quartier Saint-Roch en bord de mer, une institution pour éduquer les jeunes Corses. La chute de l’empire l’empêche d’achever son œuvre, bien qu’il continue à acheter des peintures, des sculptures. A sa mort, l’inventaire de ses palais romains révèle une collection dépassant les 17000 objets d’art, en fait aucun musée dans cette 1ère moitié du XIXè siècle ne peut prétendre à une telle richesse. Joseph Fesch est certainement l’un des plus grands collectionneurs de son temps.
Par testament il lègue à Ajaccio près de mille tableaux, des meubles, et des ornements liturgiques. Le Palais Fesch n’est achevé que sous le Second Empire. Commandé par la ville un buste de son bienfaiteur est exécuté par le sculpteur parisien Vital-Gabriel Dubray, pour être placé dans la cour du musée. La Collection du musée a continué à grandir et elle est aujourd’hui l’une des plus importantes collection de peintres italiens de France, des peintures du XIVè au XVIIIè siècle. On y trouve également une intéressante collection napoléonienne, sans oublier de superbes œuvres de la peinture corse. Le Palais a subit deux restaurations, en 1974 et 2008, pour à la fois mettre au goût du jour sa muséographie, améliorer le confort des visiteurs et la conservation des œuvres. Depuis la réouverture du musée en 2010, 400 œuvres sont de nos jours présentées au sein du «Palais Fesch-musée des beaux arts», un musée régional au rayonnement international.

Cédric Cabanne

 

La Corse, Haut lieu de la préhistoire

 

La terminologie, utilisée pour subdiviser les cultures préhistoriques, date du XIXè siècle. Elle est basée sur la notion de «progrès technique». Cette chronologie subdivise l’Âge de la pierre en Paléo- (Ancien ou pierre taillée), Méso-(Moyen) et Néo-(Nouveau ou pierre polie) lithique. En ce qui concerne l’Ile de Beauté, la préhistoire débute voilà 10000 ans, lorsque les pêcheurs du Mésolithique commencèrent à fréquenter ses côtes. Au cours des dernières décennies, la recherche a largement changé l’idée que l’on se faisait des premiers groupes humains en Corse. Ces premiers pêcheurs fréquentaient seulement le rivage durant la saison estivale. Les quelques tentatives d’implantation furent sans doute vouées à l’échec, face à un environnement relativement hostile. Avec peu de ressources alimentaires, l’île, comme sa voisine sarde n’abritait que de petits rongeurs (mulots, campagnols et musaraignes) et un lapin de la taille d’un rat (Prolagus), quant à sa flore, elle ne comptait que peu d’espèces comestibles.
La véritable colonisation débute au VIè millénaire avec des populations maîtrisant l’élevage et l’agriculture. Ces communautés agro-pastorales néolithiques importèrent céréales et animaux domestiques. Ces sociétés du Néolithique sont très peu différentes de celles du reste de la Méditerranée. Elles ont les mêmes habitudes alimentaires et les mêmes productions artisanales, malgré l’absence dans l’île de silex et d’obsidienne, qu’il fallait donc importer, une preuve supplémentaire des échanges et de la proximité avec les groupes sardes et italiens.
Cependant une société insulaire s’affirme à la fin du Néolithique, au travers de ses constructions mégalithiques et ses statues menhirs. (Site de Filitosa) Le développement technologique et économique de la fin du néolithique a accentué les inégalités, les rivalités, les conflits et les actes de piraterie, pour se protéger ces sociétés ont du bâtir des constructions solides et imposantes, permettant de surveiller et de se réfugier. Il reste en Corse une centaine de ses Castelli et Torre, en particulier dans le sud de l’île, ils servaient à défendre localement le groupe contre les agressions extérieures. Ils ne furent abandonnés que dans la seconde moitié du 1er millénaire, l’habitat se déplace alors vers les hauteurs, des installations probablement à l’origine des villages actuels. La côte était alors de moins en moins fréquentable avec des incursions trop fréquentes de Phéniciens, suivies de l’installation des Phocéens au milieu du VIè siècle avant J.-C., mais c’est le début de l’Histoire.

Cédric Cabanne

 

Les oncles de Napoléon

 

Manifestement dans la famille Bonaparte on réutilise souvent les mêmes prénoms. Les, oncle et grand-oncle, de Napoléon en sont la preuve. Le grand oncle : Lucien Bonaparte (1718 - 1791) est abbé et archidiacre de la cathédrale d’Ajaccio, mais aussi tuteur de son neveu Charles Bonaparte, le père de Napoléon. Après l’échec de la bataille de Ponte Novu, Charles Bonaparte envisage de suivre Paoli dans son exil. Les supplications de son oncle font renoncer celui-ci à son projet. En 1781, il offre une bourse à Joseph Fesch, afin de lui permettre d’entrer au Séminaire d’Aix-en-Provence. L’oncle maternel : Joseph FESCH (1763 - 1839) est le demi-frère de Letizia, la mère de Napoléon. En 1787, il recueille l’archidiaconat de Lucien Buonaparte. En 1793 il doit quitter la Corse avec la famille Bonaparte. Renonçant à l’état ecclésiastique, il obtient un emploi administratif auprès de l’armée des Alpes ce qui lui permet de commencer à s’enrichir et de se constituer une exceptionnelle collection de tableaux.
Il revient à l’état ecclésiastique sous l’Empire où il devient Cardinal Archevêque de Lyon et Grand Aumônier. Durant la nuit du 1er au 2 décembre 1804, il bénit clandestinement le mariage de Joséphine et de Napoléon, dans la chapelle des Tuileries. Puis le 2 avril 1810, il bénit publiquement dans le Salon carré du Louvre, le nouveau mariage de l’Empereur avec Marie-Louise d’Autriche. C’est lui qui baptise le roi de Rome, le 9 juin 1811, à Notre-Dame de Paris. Après la chute de l’Empire il se réfugie à Rome. Grand collectionneur, passionné et riche, le cardinal Fesch réunit une prodigieuse collection d’œuvres d’art, essentiellement de tableaux. La plupart de ces pièces ont été dispersées en plusieurs ventes publiques de 1841 à 1845. Cependant, une quarantaine de primitifs italiens et surtout un nombre important d’œuvres des XVIIè et XVIIIè siècles ont été légués à sa ville natale. Ils sont actuellement exposés au musée Fesch, à Ajaccio.

 

Christian Furia

 

Des femmes de la famille Bonaparte

 

Notre croisière en Corse nous permettra d’évoquer la vie de certaines des femmes de la famille Bonaparte. La carrière des sœurs de Napoléon est assez bien connue de tous ; Caroline (1782-1839), Princesse Murat, Reine de Naples ; Elisa (1777-1820), princesse de Lucques et de Piombino, grande duchesse de Toscane et Pauline (1780-1825), princesse Borghèse, duchesse de Guastalla. Mais que pensait Napoléon I de ses sœurs ? : « Dans sa petite enfance, on regardait Caroline comme la sotte et la Cendrillon de la famille ; elle en a bien rappelé ; elle a été une très belle femme et elle est devenue très capable. Maîtresse femme, Elisa avait de nobles qualités, un esprit recommandable et une activité prodigieuse. Il n’y a pas eu d’intimité entre nous, nos caractères s’y opposaient.
Pauline était trop prodigue ; elle avait trop d’abandon». Mais il y eut d’autres femmes nées Bonaparte qui ont joué un certain rôle et qui ne sont pas toujours bien connues du grand public. Charlotte-Napoléone (1802 - 1839) est la fille de Joseph Bonaparte. Artiste de talent et élève de Jacques-Louis David lors de son séjour à Bruxelles, elle constitue une série d’albums où se succèdent des aquarelles et autres dessins qui saisissent les portraits de la famille Bonaparte en particulier de sa grand-mère Laetitia ou des paysages. Mathilde-Letizia, dite « la princesse Mathilde» (1820-1904) est la fille de Jérôme Bonaparte. Avec l’accession de son cousin Louis-Napoléon à la présidence de la République, puis à la dignité impériale, elle joue un rôle de premier plan et elle tient à Paris un salon littéraire où elle reçoit des écrivains de toute couleur politique. Arrière-petite-fille de Lucien, Marie Bonaparte (1882- 1962) a joué un rôle important dans l’implantation de la psychanalyse freudienne en France. Elle a été la première femme psychanalyste, traductrice de plusieurs textes de Freud et cofondatrice de la première société de psychanalyse française.

Christian Furia