Flash Culturel de vos Conférenciers :
Le Commandant Jean Marie Homet et Christian Furia



Les Perles de la Mer Noire
La Mer Noire est une mer intérieure russo-turque qui constitue un grand connecteur de trois ensembles :
Un ensemble européen, un ensemble russe et un ensemble asiatique (avec les deux ponts que constituent la Turquie - l'Asie Mineure - et le Caucase).
Tout ceci en fait une région particulièrement riche en histoire et toujours en mouvement...
Au programme de votre Flash Culturel :
Nos deux fidèles conférenciers, le Commandant Jean-Marie HOMET et Christian FURIA ont choisi pour vous des thèmes originaux et variés relatant des rivages ou des personnages célèbres en suivant les Routes de l'Histoire.
Vous aurez le plaisir de les retrouver tous deux accompagnés par un trio de conférenciers de grande valeur en la personne d'Osksana GARIN mais aussi Cédric CABANNE et Georges AILLAUD à bord du MS Berlin pendant la croisière "Les Perles de la Mer Noire" du 16 au 24 septembre 2014.
Un grand moment de culture en perspective !

 





 

Bosphore, un merveilleux détroit

 

Né d’une rupture violente de l’écorce terrestre, il y a quelques milliers d’années, le Bosphore sépare l’Europe de l’Asie. Cette cassure longue d’une trentaine de kilomètres et d’une largeur de 1 à 2 kilomètres a entraîné le déversement de la Mer Méditerranée, via la Mer de Marmara ,dans ce qui n’était probablement qu’un simple lac d’eau douce. Ce phénomène d’une ampleur considérable est sans doute à l’origine du thème du Déluge. D’ailleurs l’Arche de Noé aurait terminé sa navigation sur un mont du Caucase. Par sa formation même , le Bosphore est une splendeur géographique, ses rives Européenne et Asiatique expriment avec éloquence l’étrange et magnifique destin de ce phénomène géologique. On a l’impression de parcourir un grand fleuve entre 2 mondes, entre 2 continents. L’histoire et le patrimoine de ce détroit sont à la mesure de la grandeur et de la beauté de ses origines géographiques. Aux fondateurs de Byzance du VIIè siècle avant notre ère, la Pythie de Delphes avait dit que « seul un aveugle ne s’arrêterait pas en ce lieu pour créer une cité ». De fait avec sa vue sur « La Corne d’or » et « Le Bosphore », Byzance, Constantinople, Istanbul, offrent un panorama tout a fait exceptionnel. De plus, chacune des périodes de l’histoire a laissé sur ces rives des vestiges d’une splendeur inouïe. La cité grecque faisait l’admiration de tous, au point que Constantin décida de quitter Rome et d’en faire la capitale de l’Empire, Le monde Byzantin y édifia non seulement Sainte Sophie, mais tout un ensemble architectural d’une grande magnificence. Les ottomans au temps de Soliman et de son grand architecte Sinan en firent la « Splendeur du monde ». A partir du XVIIIè siècle, tous les grands voyageurs s’enthousiasment pour la ville et le rives du Bosphore. Les « Orientalistes » en font un sujet de prédilection. Pierre Loti voudrait s’y retirer. A lui seul le passage du détroit du Bosphore est un moment inoubliable non seulement d’un voyage mais aussi d’une vie.

le Commandant Jean Marie Homet

 

La Mer Noire, une mer étonnante

 

Jeune Mer, quelques milliers d’années seulement, la Mer Noire porte un nom curieux. Les grecs, fins connaisseurs des mers, l’appelaient la « Mer Hospitalière » ou « Pont Euxin », tant elle est amicale aux navigateurs. Les anciens n’avaient pour elle que des adjectifs élogieux. C’est probablement au temps des Croisades, avec l’arrivée de la boussole qu’elle prit ce nom surprenant. Dans l’aiguille aimantée, la flèche marquant le Nord est colorée en noir, celle marquant le Sud en rouge. Alors pour tous les marins orientaux, la mer au Nord devint Mer Noire, et celle au Sud , Mer Rouge. Il est vrai aussi que cette mer recevant beaucoup d’alluvions des grands fleuves d’Europe centrale et orientale, comme le Danube, le Don, le Dniepr et d’autres, ses eaux en bordure du littoral sont riches en sédiments donnant parfois une tonalité sombre au rivage nord de cette mer. Mais bien sûr la Mer Noire est d’un beau bleu, reflet du ciel et d’une grande luminosité. Presque fermée la Mer Noire n’a pas de véritables marées, recevant beaucoup d’eaux douces par les deltas des grands fleuves, sa salinité est faible, alors elle possède une flore et une faune exceptionnelles. Elle est en particulier le vrai domaine du meilleur caviar, issu des esturgeons des grands deltas. Elle est un monde maritime exceptionnel à découvrir. Son histoire et son patrimoine sont encore plus riches car elle fut le lien entre l’Europe et l’Asie, entre les populations nomades et sédentaires. Elle a vu passer les Scythes et les Thraces. Les Grecs de l’époque archaïque s’y établirent et elle devint pour eux un monde merveilleux de mythes exemplaires avec Iphigénie, Jason et les Argonautes , les Amazones. Rome y implanta quelques colonies , Ovide y vécut à la fin de sa vie. Mais les siècles d’or de la Mer Noire furent ceux du Monde Byzantin, de Constantin à la chute de Constantinople en 1453. Le XVè siècle offre ensuite sur ses rivages les plus beaux témoignages de l’Empire Ottoman. Ce dernier partagea pendant longtemps les rives de la Mer Noire avec la Russie orthodoxe qui s’exprima ici de façon magistrale dans le domaine architectural et pictural avec le culte des icônes . A son extrémité orientale, les pays caucasiens, comme la Géorgie se tenaient à l’écart de ces grands mouvements et maintenaient une architecture splendide héritée des temps paléochrétiens. Dans les temps modernes la Mer Noire est devenue un grand axe de navigation de l’Orient vers l’Occident , la nouvelle route du gaz et du pétrole qui a remplacé celle de la soie et des épices. Peu connue, un peu à l’écart des grands circuits touristiques, la Mer Noire offre un panorama exceptionnel sur la nature, la flore, la faune, et plus encore sur des millénaires d’une histoire et d’un patrimoine d’une infinie richesse.

le Commandant Jean Marie Homet

 

Les rivages du Caucase

 

Situés aux extrémités orientales de la Mer Noire, les pays du Caucase : Russie et Géorgie qui se disent tantôt européens, tantôt asiatiques, sont non seulement de pures merveilles de la nature, mais aussi des régions qui témoignent d’un extraordinaire passé. La chaîne de montagnes où selon la théogonie grecque Prométhée fut enchaîné pour nous avoir donné le feu, a des altitudes vertigineuses, dépassant souvent 4 à 5000 mètres. Elle façonne à ses pieds des plaines littorales bien abritées et de ce fait jouissant d’un climat presque tropical. Ces plaines sont le paradis des jardins botaniques, des fleurs, des plantes exotiques et des fruits aux allures de jardin d’Eden. Une multitude de fleuves et de rivières dévale des sommets aux neiges éternelles. Leurs eaux apportent des pépites d’or que les Grecs captaient avec des peaux de moutons, c’était la quête de la « Toison d’Or ». Aujourd’hui ce sont surtout le pétrole et le gaz qui aboutissent dans les ports de cette côte orientale de la Mer Noire. Mosaïque de peuples , réfugiés, isolés , dans l’enchevêtrement des plaines, des plateaux et des sommets du Caucase, cette région a vu passer ou s’installer un grand nombre d’ethnies et de civilisations diverses. Il est impossible de les citer toutes, on peut seulement évoquer les Scythes, les Perses, les Parthes, les Mèdes, les Grecs, les Byzantins, les Arméniens, les Byzantins, les Arabes, les Seldjoukides, les Tatars, les Ottomans, les Turcs, les Cosaques, les Russes , etc etc. Chacun a eu à cœur de laisser sa marque en particulier dans le domaine de l’architecture religieuse. L’église Arménienne côtoie, l’Orthodoxe, l’Uniate, la Catholique, le Temple, la Mosquée. L’attrait de ce littoral a été l’un des atouts exploités par les Russes pour les jeux Olympiques de Sotchi. Aujourd’hui à l’écart des grands rendez-vous touristiques, car aux extrémités lointaines de l’Europe et de la Mer Noire, ces rivages du Caucase entre ciel et mer, entre Orient et Occident, entre Nord et Sud sont le lieu d’escales rares et merveilleuses.

le Commandant Jean Marie Homet

 

Michel Pacha

 

Le littoral proche de Toulon compte de nombreuses villas dites « Orientales ». Elles portent le nom de « Bosphore », « Le Croissant », « La Mauresque » etc. Cela surprend toujours le voyageur . Toutes ces belles maisons, avec de petits minarets, des faïences, des arcs outrepassés, des couleurs chatoyantes ont été commandées par un certain Marius Michel, dit Michel Pacha. Né en 1819 à Sanary, Marius Michel embarque , très jeune et gravit tous les échelons dans la marine. En 1855, il est commandant sur un petit bateau qui porte du matériel à Sébastopol pendant la Guerre de Crimée. Au cours de son voyage, il sauve tout l’équipage d’un bateau qui a fait naufrage sur les côtes Ottomanes, en raison d’une erreur de navigation, due à l’absence de phares. A son retour à Marseille, salué en héros, il monte à Paris et demande à être reçu par Napoléon III.
Il lui expose les dangers de la navigation dans le Bosphore et en Mer Noire , en l’absence de phares. Napoléon III , grand constructeur de phares le long des côtes françaises l’envoie auprès du Sultan avec pour mission la construction de phares. Le Sultan lui confie tout l’équipement du littoral ottoman. En 10 ans, il réalise plus d’une centaine de phares du Bosphore à l’actuelle Géorgie. Il fait une fortune considérable. Comme Pierre Loti, il se prend de passion pour le monde ottoman et vit à la manière d’un Pacha. D’où son surnom de Michel Pacha. A son retour en Provence, à la fin du XIXè siècle, il est devenu une notabilité. Il est élu maire de Sanary et il fait construire ces fameuses villas orientales inspirées de celles qu’il a vues sur les rives du Bosphore. C’est ainsi qu’à certain moment à la Seyne sur mer, on pourrait se croire sur le littoral de la Mer Noire.

le Commandant Jean Marie Homet

 

Les icônes

 

Une icône, est « image » qui a pour but de faire transparaitre le divin. Elle possède donc un sens théologique profond qui la différencie de l'image pieuse. Mais la théologie orthodoxe précise que les icônes peuvent être vénérées mais non adorées. Elles représentent le plus souvent :

  • Soit des personnages : Marie, le Christ, les apôtres, les martyrs, les saints, les anges,
  • Soit les fêtes de l’année liturgique,
  • Soit des représentations de scènes de l'Ancien ou du nouveau Testament ou des vies de saints.

Les icônes ont été soumises, dès le VIIIe siècle, à de sévères contraintes artistiques (sources d'inspiration stéréotypées, rigueur du trait, jeux des couleurs) qui se sont perpétuées jusqu’à nos jours et qui donnent à l'icône son caractère immuable dans les traits et l'organisation de la représentation. La plupart des icônes sont de nos jours, peintes sur un support en bois avec un fond le plus souvent doré.

 

Christian Furia

 

L’architecture ottomane

 

La formation de l'architecture ottomane classique passe par plusieurs étapes. Les premières mosquées sont hypostyles avec de petites coupoles, comme dans le cas de la Grande Mosquée de Brousse. Ensuite on connaît des types de mosquée comprenant un grand dôme central, contrebuté par deux demi-coupoles latérales. Avec la conquête de Constantinople, Sainte Sophie va servir de modèle absolu. Durant le XVIème siècle le grand architecte Sinan réalise des mosquées, des édifices publics, et des palais. Une des plus belles mosquées construite par Sinan à Istanbul est celle du Prince. La mosquée est construite au milieu d’une vaste cour entourée par un portique.
Son plan est cruciforme, le dôme principal étant cantonné de quatre demi-dômes. Le dôme est rendu pesant par les tours d'angle, et les contreforts latéraux. À l'intérieur, Sinan a tenté de repousser les piliers vers l'extérieur pour unifier l'espace, donnant l'illusion que la coupole flotte. Seule la mosquée dédiée à Soliman le Magnifique la dépassera en monumentalité. Après la mort de Sinan, ses nombreux successeurs continuent de créer en suivant ses principes. La mosquée bleue, dite aussi mosquée du sultan Ahmet, est édifiée au début du XVIIème siècle par l'architecte Ahmet Aga.

Christian Furia

 

L’architecture byzantine

 

L’architecture byzantine s’est développée dans l’Empire byzantin et les pays situés tout autour de la mer noire, comme la Bulgarie, l’Ukraine, la Russie, l’Arménie et la Géorgie. Le plan des édifices adopte le plus souvent la forme d’une croix grecque. La décoration sous forme de mosaïques ou de fresques est toujours fastueuse. On divise traditionnellement son histoire en trois périodes: l’époque primitive (du IVème siècle au Xème siècle), la période intermédiaire durant la dynastie macédonienne et la période tardive (dynasties des Comnènes et des Paléologues). De cette dernière époque nous visiterons les deux basiliques édifiées à Nessebar en Bulgarie et l'ancienne église Sainte-Sophie de Trébizonde construite pendant le règne de Manuel Ier de Trébizonde (1238-1263). Elle est caractérisée par un dôme central élevé reposant sur quatre arcades portées par des colonnes massives. Le sol sous le dôme est recouvert d'une mosaïque en opus sectile. Bien que construite sur la base d'un carré, l'église revêt à l'extérieur la forme d'une croix en raison de ses porches nord et sud proéminents. Les fresques du 13e siècle, qui recouvrent les murs, ont été dégagées de 1958 à 1964. Elles illustrent pour la plupart des scènes du Nouveau Testament.

Christian Furia