Flash Culturel de vos Conférenciers :
Le Commandant Jean-Marie HOMET et Christian FURIA



Vos conférenciers ont choisi de vous présenter des thèmes différents qui illustrent cet itinéraire d’une grande variété, à l’écart des sites trop touristiques, et qui est une véritable rencontre avec les Civilisations qui ont éclos à partir de ces terres et de ces mers au cœur de la Méditerranée.
Nous vous invitons à retrouver Christian FURIA, Cédric CABANNE et Oksana GARIN, à bord du Ms Berlin pendant la croisière Des Rendez-vous de l’Histoire du 24 septembre au 3 Octobre 2015

Avec cette croisière Les Grands Rendez-vous de l’Histoire, nous irons non seulement à la rencontre de sites remarquables mais aussi de quelques très grandes figures d’histoires et de légendes.
Après le passage au large de Stromboli et le franchissement toujours plein de surprises du Détroit de Messine, nous voilà à Catane, au pied de ce géant qu’est l’Etna.
Il est non seulement le plus grand volcan d’Europe, d’une activité débordante, mais il est aussi le mieux documenté, le plus étudié d’Empédocle à nos jours. Il a inspiré le plus grand nombre de poètes et d’artistes de Pindare à Visconti.
Ithaque, petite île merveilleuse, dans la simplicité d’un paysage marin, cerné de montagnettes, bordé de criques accueillantes, on revit tous les grands thèmes de l’expérience humaine : l’amour, les séparations, les doutes, les rivalités, le bonheur du retour sous le regard bienveillant d’Ulysse et Pénélope. Peu de lieux au monde permettent une telle anthologie, une telle intensité de vie. Un lieu d’émerveillement dans le silence de la mer.
Delphes nous attend, au fond de son golfe magnifique entre l’Attique et le Péloponnèse et derrière sa mer d’oliviers. Dans un cadre admirable, au centre du monde, au cœur de l’Univers, des vestiges d’une rare éloquence nous parlent de Dieu, D’Apollon, des cités et des hommes. Si on entend la voie de la Pythie, et ici tout nous parle d’Elle, c’est de l’Homme dont elle nous parle, de sa force et de ses faiblesses, de ses désirs et de ses ambitions, de ses craintes et de sa sagesse. On comprend que Pythagore ait pris ce nom par référence à Elle, l’harmonie guide nos pas.
Passé ce curieux Canal de Corinthe, rendez-vous de l’histoire et de la technique, monument d’art et de savoir-faire, nous suivons la route maritime qui au-delà de Salamine, d’Athènes, du Cap Sounion, de l’Eubée nous mène vers le Massif du Pélion et de son Univers de mythes et de légendes.
L’escale de Volos est une plongée dans la Grèce profonde, celle d’Achille, de Jason et des Argonautes. Elle nous permet de gagner les Météores, ces tours rocheuses, cette forêt d’énormes rochers où depuis des siècles se sont retirés des moines orthodoxes. Perchés comme de grands oiseaux, ces religieux ont fui le monde et se sont rapprochés du ciel et de Dieu et la rencontre est bouleversante.
Avec la Macédoine et ses tombes royales, ce sont les ancêtres d’Alexandre le Grand qui nous attendent avant de poursuivre notre voyage vers les splendeurs de l’Empire Byzantin et celles de Soliman le Magnifique.

 





 

L’Etna Fabuleux

 

Tous les hommes depuis leur petite enfance rêvent de volcans. Ces montagnes magiques, en forme de toupies, d’où sortent des fumées, des flambées d’étoiles, des rivières de feu ont fait partie des grandes énigmes de l’humanité. Le Petit Prince de Saint-Exupéry en donne une image merveilleuse. Cette croisière des « Grands rendez-vous de l’Histoire » nous mène au pied de ce plus grand volcan d’Europe aux nombreuses bouches éruptives. Il est d’une incroyable majesté, dominant de ses 3340 mètres d’altitude non seulement tout le Sud-Est de la Sicile de Catane à Taormine, mais aussi la mer Ionienne et une bonne partie du détroit de Messine. Depuis des millénaires, il fascine les hommes par sa vie permanente, par la violence de ses éruptions, plus de 135 depuis l’époque historique. Au Vè siècle avant notre ère, Pindare le décrit ainsi : « Du mont sortent, vomies par ses abîmes les sources les plus pures du feu inabordable, et pendant le jour ces torrents répandent un flot de fumée ardente, mais dans les ténèbres, une flamme rouge roule et entraîne jusqu’aux profondeurs de la plaine marine des blocs de roche avec fracas. ». De son côté Empédocle y perd la vie en tentant de comprendre et d’expliquer l’origine de ses colères. Au premier siècle de notre ère Strabon s’y rend pour le décrire et vanter la magnifique végétation qui pousse à ses pieds, en particulier les célèbres vignes du vin de l’Etna. Quant à Virgile dans l’Enéide, il imagine que c’est le géant Encelade qui vaincu et enfermé par Athéna provoque les convulsions de la montagne. Depuis la Renaissance, il est avec le Vésuve, le Stromboli et Vulcano, le site préféré des vulcanologues. Haroun Tazieff y tournera un magnifique documentaire et les grands cinéastes italiens l’utiliseront souvent comme splendide décor naturel.

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Ithaque, l’Ile de l’Eternel Retour

 

L’île n’est pas grande. Protégée par sa grande sœur Céphalonie, elle semble un peu endormie, elle pourrait passer presque inaperçue. Ses habitants sont rares, à peine plus de 3000. Pourtant elle est connue et célébrée dans le monde entier. Depuis des siècles, elle inspire les poètes. Cavafis l’évoque à merveille :

« Lorsque tu mettras le Cap sur Ithaque
Fais en sorte que ton voyage soit long
Plein d’aventures et d’expériences
La pensée d’Ithaque ne doit pas te quitter
Elle sera toujours ta destination. »

Elle est présente dans la peinture, dans la littérature, au cinéma. Et on ne compte plus les romans dont les titres utilisent son nom : « Souvenirs d’Ithaque », « Retour d’Ithaque », « Nous choisissons Ithaque », « Les larmes d’Ithaque », « La route d’Ithaque » etc. C’est que cette petite île est celle d’Ulysse et de Pénélope, de leur fils Télémaque, de la vieille servante, des prétendants et même du chien fidèle. L’île incarne l’amour conjugal, l’amour filial, l’héroïsme, la fidélité, mais aussi toutes les ruses, les rivalités, les prétentions et les bassesses des hommes. Elle est une anthologie humaine par excellence. Tout ce qui se déroule à Ithaque se passe en attente du retour. Dans ce monde maritime qu’est la Grèce, le retour après une longue navigation est le grand domaine de l’expérimentation humaine. Ithaque, c’est beaucoup plus qu’une petite île, pleine de charme, de couleurs, de parfums, c’est le destin de l’homme, c’est une escale dans les profondeurs de l’âme humaine. Un moment magnifique.

Commandant Jean-Marie HOMET

 

La Pythie, l’Inspiratrice de Génie

 

Les oracles de Delphes ont connu un tel succès qu’ils ont perduré pendant des siècles. Apparus dès l’époque archaïque au VIIIè siècle avant notre ère, ils se sont poursuivis à l’époque romaine et au IIè siècle après J.C., on voit encore des Empereurs comme Hadrien venir consulter la Pythie. Celle-ci ou plutôt celles-ci, car très rapidement une seule Pythie ne suffit pas, il faut en avoir 2 ou 3 pour répondre à toutes les demandes, sont toujours des femmes qui subissent une sélection difficile par les grands prêtres du temple d’Apollon à Delphes. Il faut qu’elles soient vierges ou tout au moins qu’elles renoncent à toutes relations à partir du moment où elles sont choisies. Elles doivent mener une vie exemplaire et ne se consacrer qu’à leur tâche de prophétesse. Il faut qu’elles aient une bonne connaissance de la religion, de la politique, qu’elles aient un excellent niveau spirituel et intellectuel. Elles portent le nom de Pythie, en raison du combat victorieux qui opposa Apollon leur dieu et maître au serpent Python qui occupait la terre de Delphes. Avant d’émettre leurs prophéties, elles doivent jeûner durant 3 jours, puis le matin de leur intervention se purifier à la source Castaldie, boire l’eau de la source sacrée et mâcher des feuilles de lauriers. Une fois dans le temple d’Apollon, elles prennent place sur un trépied dressé au-dessus de l’anfractuosité de la roche. Elles répondent alors de façon souvent énigmatique aux questions des requérants. A la période archaïque, on vient les consulter pour demander la destination vers laquelle on doit se diriger pour fonder une colonie. A l’époque classique, ce sont surtout les stratèges qui viennent requérir des conseils. On voit aussi les interrogations se diversifiaient. On cite toujours les exemples d’Œdipe, de Socrate. On leur attribue aussi ce qui fait la richesse de la pensée grecque comme le « Connais-toi toi-même », le « Rien de trop » ou le « Rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Tout au long de l’histoire, même après leur disparition, les Pythies resteront les témoins du génie grec. Paul Valéry écrit pour elles le magnifique poème : « La Pythie, exhalant la flamme ».

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Le Rêve des Météores

 

Météores, ce mot magnifique désigne en Grèce, depuis Aristote, les phénomènes célestes, ce qui vient du ciel. Aussi les Grecs anciens donnèrent-ils ce nom de météores à ces pitons rocheux extraordinaires qui se dressent dans la plaine de Thessalie, en imaginant qu’ils étaient des rochers tombés du ciel pour servir de refuge aux hommes. A partir du Vè siècle et de l’expansion du christianisme, des ermites se retirèrent dans les grottes au pied de ces pains de sucre, dont les sommets paraissent inaccessibles tant la roche est verticale et lisse. Pourtant au XIè siècle, le moine Athanase venant du Mont Athos avec quelques-uns de ses frères entreprit de construire en haut de ces pitons à pic un monastère orthodoxe où il était impossible de se rendre si ce n’est par un système de panier hissé au moyen d’une corde et d’une poulie ou par une fragile échelle de cordes. Au cours des siècles suivants, une vingtaine de monastères furent réalisés sur chacun de ces étonnants perchoirs. Ils sont aujourd’hui inscrits au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Leur construction fut très laborieuse, toutes les pierres et matériaux divers devant être hissés à dos d’hommes montant au sommet par des échelles. La plupart de ces monastères ont accumulé au cours des siècles de véritables trésors d’art, en particulier des icônes et des fresques, comme celles de Théophane le Crétois. A partir du XVIIIè siècle, beaucoup de ces couvents où la vie était vraiment trop difficile, furent abandonnés. Certains furent pillés pendant la seconde guerre mondiale. Toutefois, depuis quelques années, sous l’impulsion de moines du Mont Athos, de nouvelles recrues redonnent vie à quelques-uns de ces monastères. Des escaliers ont été creusés dans la roche pour permettre leur ascension et ces Météores sont à la fois des hauts lieux de spiritualité et de tourisme.


Commandant Jean-Marie HOMET

 

La Mer de Marmara, Petite Mer, Grand Destin

 

Toute petite mer, à peine 11 500 km carrés, la mer de Marmara, située sur la grande faille qui engendre la coupure entre l’Europe et l’Asie est d’une grande profondeur, plus de 1200 mètres. En raison de son origine, elle a connu de nombreux séismes. Elle assure par l’intermédiaire des fameux détroits des Dardanelles et du Bosphore le lien entre la mer Noire et la mer Egée. De ce fait les Grecs l’appelaient la Mer Propontide. Elle prit le nom de Marmara à l’époque byzantine avec l’exploitation intensive du marbre dans l’île de Marmara (de marbre) qui fait partie avec l’archipel des Princes du système insulaire de cette mer. Axe de communication majeur, la mer de Marmara est célèbre dès l’Antiquité pour le passage d’Iphigénie, pour celui de la flotte de Jason et des Argonautes en quête de la Toison d’Or. Mais surtout elle possède à ses 2 extrémités 2 cités mythiques : Troie à l’entrée des Dardanelles et Byzance à celle du Bosphore. Mer centrale de l’Empire Byzantin, elle fut un foyer très vivace aux origines de christianisme. C’est à Nicée, actuellement dénommée Iznik que se tinrent les 2 premiers conciles, fondateurs du Christianisme. Par la suite, au temps de la conquête ottomane, elle fut avant même la prise de Constantinople et la création d’Istanbul le lieu de prédilection des premiers sultans. Durant la première guerre mondiale, elle connut les grands drames humains des Dardanelles. Aujourd’hui, baignée de lumière, la Mer de Marmara est un grand pôle touristique.

 

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Les Voyages de Paul de Tarse

 

Après sa conversion, c’est d’Antioche, qu’il part pour son premier voyage de 45 à 49 qu’il effectue en compagnie de Barnabé et de Jean Marc (cousin de Barnabé). Il visite Chypre (Paphos), la Pamphylie (Pergé) et prêche autour d’Antioche de Pisidie avant de retourner à Antioche. Paul effectue son deuxième voyage de 50 à 52 en compagnie de Silas. Son premier objectif est de rencontrer à nouveau les communautés qui se sont créées en Cilicie et Pisidie. Ils parcourent la Phrygie, la Galatie, la Mysie. À Troie, ils s’embarquent pour la Macédoine, où à Philippes il effectue les premiers baptêmes de chrétiens en Europe. Paul séjourne quelque temps à Athènes puis à Corinthe. Il retourne ensuite à Antioche en passant par Éphèse et Césarée. Durant son troisième voyage de 53 à 58, Paul retourne voir les communautés qui se sont créées en Galatie, Phrygie, à Éphèse, en Macédoine jusqu’à Corinthe. Puis il retourne à Troie en passant par la Macédoine. De là, il embarque et finit son trajet par bateau jusqu’à Tyr, Césarée et Jérusalem où il est arrêté. Ayant fait « appel à César » en tant que citoyen romain, Paul est renvoyé à Rome pour y être jugé. C’est au cours de ce voyage qu’il fait naufrage à Malte. Il serait arrivé à Rome vers 60. Après avoir plaidé sa cause, l’apôtre serait reparti pour la mission en Espagne, que Clément de Rome évoque dans son épître à la fin du Ier siècle. Vers 65 durant deux années, Éphèse constitue la base de la mission de Paul ; une deuxième arrestation le conduit à nouveau à Rome où il est condamné à mort et exécuté probablement en 69.

 

Christian FURIA

 

Méhémet-Ali, Fondateur de l’Égypte Moderne et Ami de la France

 

Méhémet-Ali est né le 4 mars 1769 à Kavala en Macédoine orientale dans l’actuelle Grèce de parents albanais. Au printemps 1801, comme commandant en second des volontaires de Kavala il est envoyé afin de réoccuper l’Égypte après le retrait de Bonaparte. Méhémet-Ali va utiliser ses troupes albanaises pour conquérir le pouvoir et en 1805 il devient gouverneur de l’Egypte. Par la suite grâce à des conseillers notamment français, il transforme l’Égypte en une puissance régionale, pratiquement autonome. Il met sur pied une armée de conscription et engage d’importants travaux d’infrastructure, tels que des routes et des canaux. Il fait du pays l’un des principaux producteurs mondiaux de coton. Il se signale aussi par la création d’écoles modernes sur le modèle français. Il envisage la construction d’une voie ferrée du Caire à Suez ainsi que le creusement d’un canal reliant la mer méditerranée à la mer rouge, deux projets qu’il n’aura pas le temps de réaliser mais qui seront menés à bien par ses successeurs. Il eut au moins quatre fils dont deux lui succédèrent à la tête de l’Égypte : Ibrahim de 1848 à 1854 et Saïd de 1854 à 1863, l’ami de Ferdinand de Lesseps, qu’il autorisa à construire le Canal de Suez.

 

Christian FURIA