Flash Culturel de vos Conférenciers :
Le Commandant Jean-Marie HOMET et Christian FURIA



Vos conférenciers ont choisi de traiter le thème de la Victoire de Samothrace, chef d’œuvre de l’art hellénistique en parcourant les mers Egée, Ionienne, Tyrrhénienne, Ligure, en relation constante avec cet héritage merveilleux des origines crétoises et mycéniennes de la Grèce, jusqu’à l’époque éblouissante d’Alexandre.
Pour cette occasion exceptionnelle, plateau exceptionnel et nous vous invitons donc à retrouver nos quatre conférenciers de talent en la personne du Commandant Jean-Marie HOMET, Christian FURIA, Cédric CABANNE et Philippe JOCKEY qui vous attendent à bord du MS Berlin pendant la croisière «Dans le Sillage de la Victoire de Samothrace» du 3 au 12 Octobre 2015 !

Comme «L’Ajaccio» chargé de son transport, il y a tout juste un siècle et demi, nous allons appareiller d’Istanbul vers l’île de Lesbos puis jeter l’ancre devant le cadre antique de l’île de Samothrace, et son sanctuaire des Grands Dieux, en quête du souvenir de celle qui illumine le Louvre.
Comme elle, nous ferons escale dans les îles mythiques de la mer Egée dont l’île de Paros : de ses carrières a été extrait le marbre qui a servi à sculpter la Victoire de Samothrace, puis Rhodes où nous retrouverons le souvenir de la Bataille origine de cette Victoire...
Un voyage d’exception auquel vous convie Plein Cap lors de sa croisière à bord du Ms Berlin du 3 au 12 Octobre 2015.

 





 

La Victoire de Samothrace

 

Samothrace est une toute petite île, mais quel destin ! Située tout au nord de la Mer Egée, à proximité des Dardanelles, elle se présente sous la forme d’une simple montagne dans la mer. A peine peuplée de 3 000 habitants, elle est à l’écart des grands courants touristiques, bien peu de navires y font escale et pourtant elle est célèbre dans le monde entier pour une œuvre magistrale : « La Victoire de Samothrace ». Alors c’est une chance exceptionnelle que nous offre « Plein Cap »de venir avec le « Berlin » en octobre 2015 au mouillage de cette île pour nous rendre au « Sanctuaire des grands dieux » où fut retrouvée, il y a tout juste un siècle et demi, la statue, chef-d’œuvre de la période hellénistique. Plein Cap le fait accompagner d’un éminent spécialiste de la sculpture grecque en la personne de Philippe JOCKEY, pour nous permettre une meilleure approche, une meilleure compréhension, de cette admirable « Victoire de Samothrace » qui vient d’être replacée après des mois de délicates et savantes restaurations en haut du grand escalier Daru au Louvre. Elle a été réalisée en marbre blanc, translucide de l’île de Paros où nous ferons escale le lendemain. Son origine est mystérieuse, de nombreux archéologues émettent des hypothèses diverses. Peut-être est-elle l’œuvre de Pythocratis, l’un des plus célèbres sculpteurs de la fameuse école de Rhodes. Elle célèbrerait la Victoire navale de Side, remportée par Philippe V de Macédoine contre Antiochos IIIè 190 av. J.-C. Quelle que soit la raison de sa commande, elle fut emmenée à Samothrace pour être placée probablement sur le grand bassin du célèbre « Sanctuaire des grands dieux ». Cet espace magnifique, origine des cultes à mystères, était renommé dans tout le monde grec. L’Empereur Hadrien s’y rendit « en pèlerinage » au IIè siècle de notre ère.
Il est probable qu’un tremblement de terre anéantit le site au VIIIè siècle. La population déserta l’île qui ne retrouva un semblant de vie qu’avec l’indépendance de la Grèce en 1830. Quelques décennies plus tard, en 1863, Charles François Noël Champoiseau, jeune consul à Andrinople, passionné d’archéologie grecque, vint dans l’île pour réaliser des fouilles sur le site du « Sanctuaire ». C’est là qu’il découvrit celle qui allait devenir la fameuse « Victoire de Samothrace ». Emerveillé par sa trouvaille au milieu des décombres, il sollicite immédiatement l’envoi de la petite frégate « L’Ajaccio », stationnaire de l’Ambassade de France à Istanbul. Le ministre lui accorde et en 1864, il y a tout juste un siècle et demi, la « Victoire de Samothrace » prend la direction de la France. Sitôt arrivé à Paris, elle est exposée au Louvre où elle suscite une immense admiration. Champoiseau retournera poursuivre des fouilles à Samothrace et en 1876, il retrouvera le socle de la statue représentant la proue d’une galère de combat. Dans son sillage de nombreux archéologues, en particulier allemands et autrichiens, viendront compléter les recherches. Le visage de « La Victoire »nous reste inconnue, mais en 1950, Jean Charbonneaux a retrouvé la main droite de la « Victoire ». Elle avait été emportée par les archéologues autrichiens au musée de Vienne où elle se trouve toujours. Il est tout à fait exceptionnel de pouvoir suivre ainsi le cheminement et le sillage d’une œuvre trésor du Louvre et de l’humanité.

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Paros, l’Excellence du Marbre

 

Aucun lieu au monde, ni Carrare, ni le Pentélique, ni Seravezza, n’a offert aux hommes un marbre aussi divin que celui de Paros. Il a toutes les qualités :
la densité, la finesse du grain, la blancheur immaculée, la transparence, la luminosité, la brillance. Les poètes l’ont chanté d’Homère à Ovide.
Malheureusement ou peut-être heureusement ses filons sont minces et s’enfoncent en profondeur dans la petite montagne de Paros. Alors ses quantités sont réduites et son exploitation difficile. De ce fait le marbre de Paros fut réservé aux très grands artistes, aux sculpteurs de « La Vénus de Milo », de « La Victoire de Samothrace », de « L’Hermès » de Praxitèle, des Korés de l’Acropole, de la « Victoire de Délos » pour donner quelques exemples. C’est aussi la rareté de ce marbre et donc son prix qui obligea les artistes de Paros à travailler avec économie et virtuosité. Aussi furent-ils très recherchés dans tout le monde grec. Périclès fit appel à eux pour les sculptures de l’Acropole, l’école de Rhodes les fit venir pour enseigner leur art. Aujourd’hui toutes les œuvres, que ce soit les petits poèmes de marbre, comme les idoles cycladiques ou les Vénus callipyges, du petit musée archéologique de Paros témoignent de la perfection de cet Art.

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Délos, l’Ile Sacrée

 

Elle est toute petite, battue par les vents, sans un seul habitant. Il est interdit d’y naître, d’y mourir. Elle n’a qu’un seul arbre et pourtant son rayonnement en Méditerranée est immense. Elle le doit à sa position géographique certes, au centre de la grande roue des Cyclades, mais surtout à son histoire. C’est en effet sur ce petit morceau de terre, « terre venteuse, terre sans labours, faite pour le vol des mouettes » pour parler comme le grand poète Callimaque que Loto pourchassée par Héra vint mettre au monde ses deux jumeaux conçus par Zeus : Apollon et Artémis après 9 jours de grande souffrance. Désormais l’île qui jusque-là s’appelait Ortigye prit le nom de Délos, ce qui signifie : « L’Eclatante ». Elle cessa de dériver au gré des flots comme le pensaient les anciens Grecs pour se fixer au cœur de l’Egée et elle devint le lieu sacré par excellence. Ecoutons encore le poète Callimaque dans son « Hymne à Délos » :
« En quel temps ô mon âme, chanteras-tu la sainte Délos, nourrice d’Apollon ? ». Le culte d’Apollon y prit une importance considérable. Il est vrai qu’il devint après Athéna, le dieu le plus aimé et le plus célébré des Grecs, car il était le dieu de la lumière, de la musique et des oracles. Sa beauté surpassait celle de tous les autres, sa séduction extraordinaire et il excellait en toute chose, au tir à l’arc comme aux jeux les plus divers. En son honneur, les grecs édifièrent dans l’île le magnifique Sanctuaire d’Apollon, ainsi qu’un temple pour sa sœur jumelle Artémis, déesse de la chasse et de la lune. L’un et l’autre de ces édifices furent ornés de magnifiques statues, le plus souvent en marbre de Paros. Au Vè siècle av. J.-C. Périclès fit de Délos le centre de la ligue des cités grecques unies contre les Perses et c’est dans l’île que fut déposé le trésor de cette alliance sacrée. A l’époque romaine, en raison de sa célébrité et de sa position géographique, Délos devint un grand marché et le grand port d’entrepôt et d’échange en Méditerranée. De grandes fortunes s’y constituèrent comme le prouvent les vestiges et les mosaïques dans le quartier de l’ancien port.

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Sapho, l’Enchantement Poétique

 

Parmi les grands poètes grecs de l’Antiquité, un nom s’impose avec force, c’est celui d’une femme, Sapho. On sait peu de choses d’Elle, si ce n’est qu’elle est née à Mytilène dans la superbe île de Lesbos vers 650 av. J.-C. soit un siècle après Homère environ et un siècle avant Pindare. Il semble qu’elle se soit suicidée par désespoir d’amour en se jetant dans la mer. Heureusement une partie de son œuvre est conservée. Dans ses Odes, ses Hymnes et ses Chants, elle exalte l’Amour et la Beauté, avec passion, sensibilité, sensualité, avec génie. Platon l’admirait tant qu’il la nomma la « Dixième Muse ». Ses poèmes font une telle place à l’amour entre femmes qu’elle devint le modèle des relations homosexuelles, son nom donna naissance à l’adjectif « saphique », et son île natale Lesbos à l’adjectif « lesbien ». Créatrice d’une école d’art, de danse, de musique, de poésie pour les jeunes filles elle fut admirée pendant toute l’Antiquité. On pense que c’est elle qui figure sur des monnaies grecques retrouvées à Mytilène, ainsi que sur des fresques et des mosaïques romaines. Elle fut redécouverte par les Romantiques.
Gounod lui consacre un opéra et Lamartine un grand poème :

« L’aurore se levait, la mer battait la plage
Ainsi parla Sapho debout sur le rivage
Et près d’elle à genoux, les filles de Lesbos
Se penchaient sur l’abîme et contemplaient les flots »

Au XXè siècle, Robert Brasillach donna une nouvelle version de la traduction de ses poèmes. Ce n’est pas sans raison que la chanteuse Sapho a pris son nom.

.

Commandant Jean-Marie HOMET

 

Quelques dates de l’histoire des Chevaliers de St Jean de Jérusalem

 

1180 : Gérard Tenque fonde à Jérusalem l’Hôpital St Jean le Miséricordieux
1099 : Prise de Jérusalem
1113 - 1130 : Bulles pontificales créant la Confrérie des Frères Hospitaliers de St Jean
1135 : Fondation de l’Ordre hospitalier et militaire de St Jean de Jérusalem, Raymond du Puy est élu grand maître
1187 : Prise de Jérusalem, l’Ordre s’installe à St Jean d’Acre
1291 : Prise de St. Jean d’Acre
1291 - 1307 : L’Ordre s’installe à Chypre
1301 : Réorganisation de l’ordre (8 langues regroupant les grands prieurés de Provence, d’Auvergne, de France, de Champagne, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre, d’Allemagne)
1307 : Installation de l’Ordre à Rhodes
1440, 1444, 1480 : Sièges de Rhodes par les turcs
Mai 1522- Janvier 1523 : Siège et prise de Rhodes par Soliman le Magnifique
1530 : Installation de l’ordre à Malte
1565 : Le « Grand Siège »
1571 : Bataille de Lépante
1799 : Chassé de Malte, l’Ordre s’installe à Rome.

 

Christian FURIA

 

Iles Eoliennes

 

L’archipel des îles éoliennes est formé de 7 îles disposées en Y :
Au Sud Vulcano, Lipari, et Salinas.
Sur la branche Nord-Est : Panarea et Stromboli.
Sur la branche Nord-Ouest : Filicudi et Alicudi.
Les iles Eoliennes sont nées de la subduction de la plaque africaine sous la plaque européenne. C’est le même scénario que pour les Cyclades. Les séismes sont fréquents dans l’archipel car la zone de subduction est proche. Elle passe sous la Sicile, et la Calabre puis entre la botte et son talon sous le golfe de Tarente et elle remonte le long du bord oriental des Apennins. Les volcans des îles éoliennes sont typiques des fins de subduction. L’Etna situé au nord-est de la Sicile est très proche. Il est relativement plus mal connu. Il était considéré comme un point chaud. Il est très surveillé car il serait en cours d’évolution en volcan de subduction, moins effusif et plus explosif (sa géochimie alcaline devenant calco-alcaline).

 

Christian FURIA

 

 

Rubrique Plein Cap Croisières Informations :


L’école Française d’Athènes

Philippe Jockey, professeur d’histoire et de civilisations grecques à l’Université de Provence (Aix, Marseille) participera à cette croisière.
Il est lui-même un ancien membre de l’école Française d’Athènes.

L’école Française d’Athènes est née en 1846 sous un double patronage : la révolution grecque et la révolution romantique.
La France avait participé à la première envoyant un corps expéditionnaire libérer le Péloponnèse en 1825.
Le courant romantique s’enflamma devant les malheurs de la Grèce, parée du prestige de la culture et de l’Orient. Pour y maintenir ses positions, notamment face aux Anglais, Louis-Philippe fonda un établissement sur le modèle de la Villa Médicis à Rome, où, depuis Louis XIV, les artistes allaient se former.
En un siècle et demi, les «Athéniens» vont exploiter tous les champs de l’hellénisme : domaine byzantin, étude des langues grecques, rédaction de catalogues d’objets.
Entre 1870 et 1950, ils réalisent de grandes fouilles, dégageant sanctuaires et villes antiques :
Delos, Delphes, Argos, Thassos, Philippes, Malia.
Ce travail est aujourd’hui poursuivi activement sous la direction de Dominique Mulliez.
Présente dans tous les domaines de l’archéologie - monde hellénique ancien, médiéval, moderne et contemporain - l’EFA tient une place importante dans la recherche nationale et internationale sur la culture hellénique.

 

Sur votre Agenda
Le Musée du Louvre Accueille
une Nouvelle Exposition sur
La Victoire de Samothrace
du 5 Mars au 5 Juillet 2015

Baptisée « la Victoire de Samothrace - Redécouvrir un chef d’œuvre » elle revient sur l’Histoire du monument depuis sa découverte en 1863 par Charles Champoiseau, dans le sanctuaire de l’île de Samothrace dans la mer Egée. Après un an de restauration, sa silhouette s’offre de nouveau au regard des visiteurs du Louvre depuis Juillet 2014.
L’exposition installée dans la salle des Sept-Cheminées, au 1er étage de l’Aile Sully, est ouverte tous les jours de 09H00 à 17H30, sauf le mardi.

 

Un très bel Ouvrage à vous Procurer
La Victoire de Samothrace - Redécouvrir un chef d’œuvre

Louvre Editions - Somogy / Editions d’ART
Sous la direction de Marianne Hamiaux, Ludovic Laugier et Jean-Luc Martinez